Māra (Etienne Michelet et Dona Jorniod)

Dire quelques chose pour les fantômes. Pour Māra. A peine une critique. Parce que l’estomac vipérin qui me sert de cerveau est malade et que lorsqu’il me laisse du repos je prends mon clavier et j’écris quelques mots que j’ai du mal à relire avant de replonger dans le coma. L’écriture est un miracle dans cette maladie. Une maladie dure comme du plomb. On voudrait faire vivre d’autres rêves. Des sommeils moins noirs.

Mais si Māra doit se signaler – signe magique d’aucune kabbale, signe d’ailleurs, de Séoul et d’ailleurs, du cauchemar et de l’amour – c’est comme une de ces œuvres encore indescriptibles si ce n’est peut-être, de manière intempestive, en avance ou en retrait du futur comme une œuvre constellation – faite des cybertextes, d’images mouvantes, du papier, du code, des encres et de la musique. Une expérience où la joie de découvrir un univers est sans limite.

Une âme sensible est infinie.

Māra 

Il faudrait en parler à la manière du monde qui te dis « lis ça » et transforme-toi avec. Fais-toi mantra, puissance, musique, regard.

Dévore et résiste à la décoration.

Sois tous les genres et les univers.

Marā. 

Latérature sûrement si ce terme me semble désuet, daté de mes 20 ans.

J’en ai 10 000 maintenant. 

Je lis, je dis autrement ce qui me traverse.

Il est des livres dont on ne sort pas indemne. Dont on ne veut pas sortir. Dont on ne peut pas sortir. Des livres magiques et dont la langue tout aussi sorcière, l’image, le son aussi en rapport avec la musique noircie par quelque étoile cachée, révèlent ce dont on n’est pas sauf (ou sauve), ce dont on est impardonnable. Impatient.e.s et impardonnables. Et alors de l’indemne naît de la peau, du texte, une sorte de demne – damnation et désir- qui nous recouvre comme une peau unique et trouée des fantômes.

Voilà le don de Māra d’Etienne Michelet (@etienne_michelet_ ) et Donia Jornod (@doniajornod )

Il est beau de s’inventer ses propres monstres comme on doit s’inventer sa propre vie, avec des délicatesses de fantômes, des cruautés adressées à nul.le autre que nous.

Māra menace comme Baba-Yaga, comme le Changemort, comme l’Ogre-mage et les djinns, d’un regard qui d’un rêve vous condamne à être dévoré.e.

Et pourtant on est heureux.se de tels livres. De rouvrir leur souvenir pour s’en rappeler les pixels d’un visage découpé par Jonia pour nous hanter longtemps après la lecture. Heureux de retrouver Etienne Michelet dont la nuit multiplie les bouches depuis longtemps pour dire l’infâme, l’invisible et l’être dans la fatalité de la vie et de la mort : histoires de saintes, de mortes, de toucan, des lianes reliant des corps et des imaginaires.

Il est des livres de contes macabres pour un futur à venir. Étienne Michelet et Donia Joniod l’ont fait avec les immenses, immortelles et amies (toujours ?) éditions @cestabrupt .

すべてに感謝します

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Un commentaire sur “Māra (Etienne Michelet et Dona Jorniod)

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  1. oui il est des livres qui nous habitent pour toujours, sans que l’on puisse expliquer pourquoi ils nous hantent. La couverture de celui-ci est à elle seule frissonnante

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