Limules de lecture 2017 – février-mars

Suite de mes notules, douces comme des limules, glissées sur SensCritique. Après celles de janvier.

Résultat de recherche d'images pour Le chemin du serpent(2008)
O Caminho da Serpente

Livre de Fernando Pessoa

Dans cet ensemble de textes critiques, pamphlets, manifestes de Pessoa, publiés ou non, certains dont le premier – « Ultimatum » – sont frappant et montrent la grande culture de Pessoa, l’intensité de son « sensationnalisme » mais aussi étonnement ses vues politiques. L’intérêt des textes est très fluctuant, certains très barbant d’autres étincelants.

 

« Ce qu’il nous faut, c’est un artiste qui puisse sentir pour un certain nombre d’Autres, tous différents les uns des autres, certains appartenant au passé, d’autres au présent, les autres à l’avenir (…) Pour l’autosentiment chrétien, l’homme parfait est celui qui peut dire « je suis moi » de la façon la plus authentique ; pour la science, l’homme parfait est celui qui peut dire de la façon la plus juste « je suis tous les autres »

Voir ma divagation vers la question du transhumanisme et de l’avenir à partir d’un de ces textes.

 

Couverture Défaite des maîtres et possesseursDéfaite des maîtres et possesseurs (2016)

Livre de Vincent Message

Je suis partagé. L’idée centrale est une idée qui aurait pu être la matrice d’une fiction fascinante : forcer l’imaginaire spéciste à se confronter par la fiction à son égoïsme destructeur, illogique, cruel, en faisant faire à un race stellaire d’un type extrêmement mimétique ce que les humains font aux animaux non-humains. Mais on reste ici à la présentation de cet argument, sans l’étoffer, sans l’introduire dans la conflictualité ambigüe de la fiction.

C’est ce qui fait, malgré le dénouement final, malgré la crédibilité de la ligne de résistance cohérente qui s’esquisse à un moment, qu’on en reste à un argument, à un jeu de miroir de la cause animale : « et si vous étiez à la place des animaux que vous consommez, et que des têtes d’humains trônaient dans des boucheries d’extra-terrestre, qu’en penseriez-vous ? » Un argument, une idée, ne fait pas un livre – ça aurait pu tenir en une nouvelle de SF, mais là ça manque cruellement de profondeur, étiré sur un roman. L’intrigue, résumée à une idée, laisse le temps au lecteur d’y trouver des failles : l’analogie race stellaire / espèce humaine et espèce humaine / animaux non-humains ne tient ainsi pas à bien des égards. Et comparaison ne vaut pas raison. Du coup, je ne crois même pas que cela serve la belle cause de l’anti-spécisme.

Il faudrait tout un système, des personnages, des ambiguïtés, des pluralités, un « point aveugle » dirait Javier Cercas. Or ici même l’histoire d’amour (entre une créature stellaire et une humaine d’élevage sauvée de sa condition) ne sauve en rien l’affaire, demeurant assez étique, quand de long chapitres détaillent uniquement l’exploitation humaine à la manière d’un reportage de L214 au lieu de l’intégrer à la dimension émotive, métaphysique de l’ouvrage (après tout on cite Descartes et sa vision de l’homme « comme maître et possesseur de la Nature », mais sans d’ailleurs s’attarder à la modalité essentiel du « comme », petite faille qui devrait déconstruire tout le récit, au lieu de nous renvoyer à un « comme » comme simple comparaison, marquant au passage le manque de métaphorisation).

Voir la critique de la librairie Charybde de ces Maîtres et possesseurs.

 

Couverture Multivers - Mondes possibles de l'astrophysique, de la philosophie et de l'imaginaireMultivers – Mondes possibles de l’astrophysique, de la philosophie et de l’imaginaire (2010) Essai.

Livre de Jean-Philippe Uzan, Max Kistler, Patrick J. Gyger

Attention, vulgarisation de très haut niveau.

On se retrouve fréquemment éjecté très loin par la force centrifuge des modèles de physique présentés, puis happés de nouveau à l’occasion d’un débat épistémologique sur le statut de la vérité, de l’erreur, des mondes possibles vs les multivers. Reste que les explications quant aux cinq différents types de multivers par les deux spécialistes de cosmologie sont très bien présentées. Se présentant sous la forme du débat entre un cosmologiste, un physicien théorique, un ex-physicien philosophe des sciences, une MCU de physique et un historien de la SF, on s’intéresse à la science en train de se faire, de s’interroger, de se discuter, et c’est fascinant.

Le livre comporte 2 parties : au « débat scientifique » succède le « débat philosophique ». Mais point de repos, car en fait, si la philosophie a déjà pris part dans le premier temps, dans ce second temps, la physique avancée demeure l’axe central. Reste qu’on parcourt très bien les positions de Nelson Goodman, D. Lewis, et les nombreuses questions autour de la réfutabilité de Karl Popper sont discutés sans jamais être tranchées.

On se trouve souvent un peu taiseux comme P. Gyger , historien et directeur du musée de l’Ailleurs à Yverdon-les-Bains (Suisse), et l’on regrette que la partie consacrée à la conjonction avec la SF, tout à la fin de l’ouvrage, juste avant les annexes, soit hélas très réduite.

Mélange improbable, le cosmologiste A. Barrau lâche parfois des « pour parodier Derrida »… « pour parodier Rimbaud »…ou « comme dirait Deleuze »… qui peuvent parfois faire hausser un sourcil.

 

Couverture Les deux étendardsLes deux étendards (1951)

Livre de Lucien Rebatet

Je rêverai de voir Les Deux Etendards entre les mains de tous les adolescents à côté d’autres pavés moins passionnés et passionnants. Ces 1312 pages se dévorent et nous dévorent. On ressuscite dans la jeunesse des années 1920 parmi ce trio de gamins de vingt ans travaillés par la sensibilité et la spiritualité, par le goût tout simple de l’absolu, rien de moins. Intransigeance de l’adolescence.

On languit longuement avec eux dans les stations amoureuses, on s’embrase dans la ferveur de l’athéisme confronté à l’hydre religieuse dont on discute le ventre vide, l’œil hagard, comme dans du Dostoïevski. L’écriture, sans recherche d’effet, s’efface devant son sujet et transporte dans ce petit climat lyonnais, qui, vu de l’extérieur dans cette recension ne peut rien dire, mais qui est habité par toutes les questions métaphysiques et psychologiques.

Ce roman n’était pourtant pas fait pour moi, roman-fleuve, d’écriture classique, débattant longuement de la foi chrétienne et des amours adolescentes. Et pourtant, ces déchirements, ces retournements (il faut faire une action directe pour masquer toutes les 4e de couverture chez Gallimard qui dévoile TOUTE l’intrigue et ses retournements), cette rumination enfiévrée ! Il faut se laisser contaminer.

Couverture Toutes les femmes sont des aliens / Les oiseaux reviennent / Bambi et coToutes les femmes sont des aliens / Les oiseaux reviennent / Bambi et co (2016)

Livre de Olivia Rosenthal

Il y a des films qui nous hantent et nous transforment en la matière même des films, qui nous renvoient alors d’étranges reflets. Quelle folie, quels désirs, quel film se révèle en nous à l’occasion de ces épiphanies de l’art ? C’est le secret dont nous entretient Olivia Rosenthal dans trois textes-souffles, textes-émotions dont on ne s’étonne pas qu’ils aient été vocalisés sur des planches.

Le texte s’emporte, reprend au vif, léger, intime, et nous découvre une autre narration d' »Alien » (1,2,3,4) à travers l’héroïne, d’autres « Oiseaux » où Kim Novak et Cary Grant pourront être les absents magiques, ou une relecture de « Bambi » qui côtoie le « Livre de la jungle ».

En écrivant cette notule je découvre à quel point j’ai aimé cet opus atypique, improbable, aux confins de l’essai, de l’autobiographie, de l’écriture.

 

Couverture Il neige dans la nuitIl neige dans la nuit(1937) Karanlıkta Kar Yağıyor

Livre de Nazim Hikmet

Nâzim Hikmet (1901-1963), immense poète turc, nous est donné à lire dans cet ensemble de poèmes, où éclatent avec clarté l’amour de la vie, du monde, de l’amour même, et ce malgré tous les désespoirs du siècle, malgré toutes les années qu’il passera en prison.
Se lisent chez lui des vers déliés qui sont les meilleurs quand il s’éloigne de la tradition. Poète engagé, sa poésie a cette révolte qui n’est jamais violence mais résonnent avec la tâche de la poésie de rendre la sensualité du monde, de l’amour, de la liberté :
« Mes frères,
couplés au bœuf décharné, nos poèmes
doivent pouvoir labourer la terre,
pénétrer jusqu’au genou
dans les marais des rizières,
poser toutes les questions,
rassembler toutes les lumières.
Telles des bornes kilométriques, nos poèmes
doivent distinguer avant tout le monde
l’ennemi qui approche,
battre le tam-tam dans la jungle.
Et jusqu’à ce qu’il ne reste plus sur terre
un seul pays captif, un seul prisonnier,
ni dans le ciel, un seul nuage atomisé,
tout ce qu’ils possèdent,
leur intelligence et leur pensée, toute leur vie,
pour la grande liberté, nos poèmes. »
 

Couverture Les mots longsLes mots longs(2006)

Livre de Pentti Holappa

Je ne sais pas, l’anthologie, ce choix de tronçonner les recueils pour n’en garder qu’un ou deux n’a pas dû m’aider à comprendre l’ensemble du projet. Par ailleurs le style est assez disparate. En tout cas, pas de coup de cœur direct.
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Couverture Dernière danseDernière danse(2016)

Bon, je n’avais pas vu qu’il s’agissait d’un catalogue d’exposition des musées (et BNU) de Strasbourg. Du coup : la mort dans les arts… à Strasbourg, en Alsace, en Allemagne. La guerre, les têtes de mort, toussatoussa.
 
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Couverture Mythologies d'hiverMythologies d’hiver(1998)

Livre de Pierre Michon

12 courts récits de vie, 3 en Irlande, et 9 dans le Gévaudan, autour de vies où la Grâce passe et emporte, tisse aveuglement entre les êtres les passions pour la perte et l’invisible.
Tout passe tout lasse, comme disait Noir Désir. Il y a une mélancolie qui comme le givre en hiver tend à recouvrir toutes ces existences englouties dans une mort obscure. « Tous ces os avaient été blanchis par la pluie, la rosée, et la neige ». C’est terriblement beau.
 
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Couverture Hors du charnier natalHors du charnier natal(2017)

Sortie : 4 janvier 2017. Biographie et roman.

Livre de Claro

« Hors du charnier natal » disait Heredia, et Claro de nous dire : la vraie vie n’est pas ailleurs. Mais pas davantage ici, d’ailleurs, désolé.
Confer nota : Lire ma critique
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Mourir de penser(2014)

Livre de Pascal Quignard

Couverture Mourir de penser

Disons qu’on préfèrera mourir en éternuant avec Chevillard.

Ici on pense. Ici on meurt. Penser-mourir, voici deux choses essentiellement liées. Car penser est contemporain de la perte comme de la naissance. Penser et naître. Penser et mourir. Penser se comprend à partir de cette perte du sans mémoire, du sans pensée, du sans « revenir sur ». Penser-naître-mourir, Quignard propose donc en guise de maïeutique, une « Noétique fondamentale » (qui aurait dû être le titre du livre, apprend-t-on, on imagine la tête de l’éditeur à cette proposition).

Ici la vérité des idées est dans l’étymologie (gréco-latine). Le prêtre Cratyle est ressuscité, il s’appelle Quignard. Saint-Etymon, priez pour nous. D’ailleurs étymon vient de étymos qui veut dire « véritable ». CQFD.

Penser c’est flairer, car de « noos » (faire) à « nous » (esprit), ma foi, il n’y a qu’une lettre de différence, et puis les Grecs sont bien ceux qui ont inventé la pensée et les concepts, non ? Argos, le chien d’Ulysse « pense/flaire » Ulysse sous son habit de mendiant.
Chercher c’est «cercher», donc faire des cercles, penser c’est faire des cercles de rapaces autour de sa proie.
Penser, c’est revenir sur (réflexion quoi, mais si vous voulez épater la galerie dites «palintropos», rétrovision).

Et puis les divagations érudites finissent par devenir n’importe quoi sur la fin : les chats sont sérieusement présentés comme pouvant détecter les pensées. La pensée est définie comme ontologiquement différente entre les hommes et les femmes. Hum. Ah, et puis «penser n’écrit pas. Écrire pense.» De toutes façons les philosophes sont profondément avides de pouvoir, rêvant de s’instaurer philosophes-rois, de Platon avec Denis de Syracuse à Heidegger avec les nazis. D’ailleurs Quignard s’y connaît en philosophie (et en psychanalyse) : « Deleuze pensait comme Freud. Tout chaos était malaise et seule la philosophie était bonne. » \o/ On croit rêver.

« L’Ersatz du rêve n’est-il pas, par excellence, l’absent aimé ? »

 

Couverture La maison des épreuvesLa maison des épreuves(2009) The Plight House

Livre de Jason Hrivnak traduit par Claro

De la littérature comme expérience. Voir ma critique extatique.

Couverture Vue en coupe d'une ville maladeVue en coupe d’une ville malade (1980)

Livre de Serge Brussolo

La salissure lente, permanente, un ciel poisseux qui vous goûte sans cesse dessus, avec ses étoiles mortes, ses miroirs brisés, ses cordons ombilicaux pour pendu. Voilà, Brussolo, inventeur de cauchemars bruts.

 

 

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Résultat de recherche d'images pour Banalité de Heidegger (2015)

Livre de Jean-Luc Nancy

Nancy dans cette conférence commence par expliquer son titre qui se veut un appel vers la « banalité du mal » de Arendt. Le nazisme de Heidegger fut une banalité en deux sens nous dit-il, une euphémisation, et une déréalisation (c’est la ligne de défense que s’était faite Eichmann).

Car les « Cahiers noirs » révèlent à la fois un rejet du racialisme nazi, de l’affairement centré sur la technique qui fut celle du national socialisme, mais en même temps, ils manifestent un « antisémitisme historial », un « archi-fascisme »(Lacoue-Labarthe), un super-nazisme porté au niveau non plus biologique mais ontologique.

La « juiverie mondiale »(quand même, la « Weltjudentum » dans le texte allemand) est celle d’un peuple (et certes non d’une « race ») qui porte en lui le « déracinement de tout l’étant hors de l’être ». Ce qu’analyse Nancy, c’est que le discours d’Heidegger traduit en termes philosophiques, de sa philosophie, les figures et discours grossiers des Protocoles des sages de Sion (sans les citer, sans interroger non plus l’origine de cette pensée générique faite de préjugés d’un antisémitisme que l’on ne peut qualifier d’ambiant que pour amoindrir la responsabilité de la reprise d’une telle idéologie). La banalité de l’antisémitisme de Heidegger est d’autant plus grave, plus lourd que portée à ce niveau de réflexion.

Je rêve d’un romancier qui écrirait La tache façon Philip Roth sur Martin Heidegger. Rêvons.

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Couverture L'invisibleL’invisible(2012)

Livre de Clément Rosset

Question penseur plaisant, je préfère le Pontalis découvert tantôt.

Ici « l’invisible » est un sujet qui n’est pas très développé, fouillé, détaillé, et n’atteint pas la « précision évasive » dont Jankélévitch parlait au sujet de Fauré. On reste toujours à la surface d’un commentaire à partir d’œuvres (peinture, musique, littérature), commentaire qui ne fait pas avancer une conceptualisation de ce que serait cet « invisible ». Par exemple son passage sur les spectres se borne à expliquer le « Coco » espagnol, évoqué dans la chanson enfantine, et donc sans représentation se trouvant pourtant figuré par Goya dans une de ses gravures. https://fr.wikipedia.org/wiki/Que_viene_el_coco Et tout ça pour dire quoi ? Rien. Voilà, que le Coco c’est un invisible rendu visible de manière problématique puisqu’il n’a pas d’image, n’est qu’une simple idée pour faire peur eux enfants.

Dans toutes ces réflexions il y a certes à la base une réflexion sur l’inexprimable, avec Wittgenstein comme dieu silencieux de cette affaire, sur ce qui n’est pas l’hallucination, mais ce qui est là sans l’être. Sans l’être. C’était prometteur. Mais le schmilblick n’avance guère.

Enfin pour lire l’invisible, mieux vaut aller lire les poètes, et par exemple relire les « Élégies de Duino » de Rilke (je suis assez conseil de lectures alternatives en ce moment).

 

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Couverture Traversée des ombresTraversée des ombres(2005)

Livre de Jean-Bertrand Pontalis

JB Pontalis est un écrivain davantage qu’un (psych)analyste, et sa sensibilité va d’ailleurs, il le dit dans un des articles de ce livre, davantage à « l’inquiétante étrangeté » plus qu’à d’autres textes de Freud, et à la littérature avant toute chose : car là tout n’est pas énigme à déchiffrer, images à analyser – là est l’indiscernable, l’inconnaissable en reconnu et intériorisé, ramifié, mouvant, simplement ombres et vie.

Dans ce livre la « part des ombres » est le fil directeur à travers différents articles rassemblés, traitant du deuil, de la mélancolie de Robert Burton, des ombres de la vision de Victor Hugo, d’expositions parisiennes, de l’encombrement des livres et du vertige du savoir, des métamorphoses d’Ovide à Kafka, de Bartelby, de la perte et du souvenir.

Si tout est plaisant et se lit avec plaisir, l’ouvrage manque souvent de précision, chose que l’auteur revendique, cherchant une écriture analytique transposant le rêve à l’état lucide, la rêverie à son incertitude fondamentale d’avant la fixation de l’écriture, de l’image avant le concept.
Pontalis fait donc œuvre d’écriture, cherchant dans ses sujets mêmes, dans ses réflexions, le ligne de fuite, mouvante, l’ombre portée de son écriture même.

« Seule l’ombre qui, elle, manque de chair, n’est qu’une surface comparable à l’eau plane d’un étang, seule l’ombre désincarnée – comme le sont les fantômes, les images de nos rêves et nos morts et nos disparus – donne une chair à l’être humain. » (folio, p.17).

 

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Image de couverture : Art and Picture Collection, The New York Public Library. « Medea mendax fugit: Cygnus Hyries filius in olorem. » The New York Public Library Digital Collections. 1600 – 1699. http://digitalcollections.nypl.org/items/510d47e4-19f7-a3d9-e040-e00a18064a99
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