Between the ghost and the corpse : espace du neutre ? D’Atlan à Blanchot

« Les organisations vivantes sont fluides et mouvantes. Tout essai de les figer – au laboratoire ou dans notre représentation –  les fait romber dans l’une ou l’autre de deux formes de mort. Oscillant « entre le fantôme et le cadavre » (between the ghost and the corpse) : c’est ainsi que l’organisation d’une cellule vivante apparaissait au biologiste D. Mazia (…). Par sa structure labile elle lui échappait en se décomposant, et quand il réussissait à la fixer elle était tuée. »

Henri Atlan, Entre le cristal et la fumée, introduction

Cela rejoint – dans une parfaite ignorance réciproque – l’approche que Blanchot, dans un tout autre domaine, désignait de loin en loin sous le terme piégeux de neutre (ne-uter : ni l’un ni l’autre) : des états instables, non pas évanescents, invisibles mais se soustrayant à la pensée et qui, pris dans l’observation se figent en statue de sel et d’esprit. Bien sûr le neutre est encore autre chose chez Blanchot : maintient dans la parole de l’anonyme, de l’impersonnel, de la mort, mais aussi maintient de termes contradictoires (c’est là où je réalise combien la philosophie imaginaire de la didyme doit au neutre blanchotien ; en tout cas cet espace, cette dynamique du neutre est fécond, créateur et invite précisément dans cette indécision, entre le fantôme et le cadavre à ne pas briser, suspendre cette dynamique, cette vie fragile, mais à la prolonger et à accompagner la spéculation). Cela et d’autres choses encore.

Je notais d’ailleurs tantôt un passage qui fait pour moi directement à cette lecture d’Atlan que j’entreprends :

« Peut-être existe-t-il  pour la critique une via negationis, s’il existe aussi dans la littérature des problèmes qu’on ne peut évoquer sans les faire s’évanouir et qui demandent une explication, capable de confirmer, par l’éclaircissement même qu’elle apporte, la possibilité d’échapper à toute explication. Le mystère dans les lettres est sûrement d’une nature telle qu’on le dégrade si on le respecte et qu’on le lâche si on le saisit. »

Maurice Blanchot, La Part du feu, « Le mystère dans les lettres », p.49

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