Impossible Shaggå de la didyme ?

« La Shaggå a été conçue pour évoquer, et en même temps pour leurrer, pour protéger, pour résister à toute effraction. (…] [Elle correspond à une] esthétique de l’esquive. »
Antoine Volodine, Nos animaux préférés, p.86

Et pourtant il ne peut avoir de Shaggå didyme. Parce que la Shaggå se confine, comme la Didyme se diffuse.

Oui, il y a bien là des destins contraires – et pourtant amitié du plus lointain, devenirs-incertains, du post-exotisme au rêve glorieux de la Didyme : l’un portant dans son ADN le besoin carcéral de l’oppression et l’utopie (totalitaire) de l’égalitarisme, l’autre en son cœur le dépassement du nihilisme et la déconstruction des mythes et idéologies mortifères.

Et pourtant ces ennemis se retrouvent, uni par une même tactique :  opérant par fuite, par leurre, par flamme noire, par encre de pieuvre dans la nuit sans fin. Oui, la poésie nous rassemble, la résistance, la nuit, le feu.

Mais la forme diverge, résiste : du secret didyme à la Shaggå didyme, un monde. Ici, la Shaggå et ses sept parties, son commentaire, là plutôt l’échec de la sainte tri-partie dialectique, s’échappant loin de toute synthèse pour parachever le modèle de la philosophie didyme (à venir).

Mondes parallèles et pourtant non opposés.

Je crois en effet que nous sommes quelque peu entré dans quelque chose sans non, que l’on nomme ici la post-science-fiction, ou la fin de la science-fiction, là le post-exotisme : on a cesser de rêver aux Grand Ailleurs, à de nouvelles Frontières, comme à tout idéalisme et même à  l’utopie de la technologie qui est encore le ressort du cyberpunk. La mutation de la SF se trouve être une aberration plutôt qu’un futur glorieux. On ressasse les mêmes histoires, les querelles, les rêves et l’on voit l’humanité répéter les mêmes espoirs insensés, les mêmes insanités, et toujours dans cette mer de désespoir, le mirage d’un phare qui au loin nous ferait signe. Comme le secret didyme.

« [La] Shaggå traditionnelle [a été, est, sera, ne sera pas] – lyrisme, méditation poétique, arrêt contemplatif sur images. »
Antoine Volodine, Nos animaux préférés, p.56

Autre credo commun : ce souci de créer des récits ayant  de nombreux yeux, parfois aveugles, parfois tournés, mutés vers l’intérieur, quand d’autres cherchent l’improbable lueur dans les décombres.

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