La ligne d’ombre, Joseph Conrad

Le Lieutenant du Navire Fantôme

Sur SensCritique

Plus que dans « Jeunesse » se lit ici le véritable récit initiatique dans l’atmosphère de Conrad, le récit d’un premier commandement sur lequel pèse l’ombre inquiétante et presque hallucinée du capitaine défunt, spectre presque fantastique dans la tête du jeune lieutenant racontant à la première personne cette histoire.

« On referme derrière soi la petite porte de la simple enfance – et l’on pénètre dans un jardin enchanté. Ses ombres mêmes brillent de promesses. Chaque détour du sentier a son attrait. (…) Et le temps lui aussi va de l’avant – jusqu’au jour où l’on aperçoit devant soi une ligne d’ombre annonçant qu’il va falloir aussi laisser en arrière la région de la prime jeunesse. »

Une « ligne d’ombre » donc, plus nocturne et dans les espaces indécis des sentiments, plutôt que l’incendie éclatant de « Jeunesse » et son petit héroïsme de canot de sauvetage.
Plus compliqué, la « ligne d’ombre » introduit à tous les tracas, les vanités, les bassesses qui s’oppose à la prise de ce premier commandement. Le rêve de la brise marine laisse planer plus fortement les remugles de la terre.
Au terme, on parcourt avec délice ce chef d’œuvre tardif où une fois de plus le héros de Conrad se forge, sur la mer, une destinée, au cœur des ténèbres.

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