Blanchot, L’espace littéraire

20 000 lieues sous la Littérature

C’est le livre-recueil de Blanchot-Caron.

Pour des générations Blanchot reste un passeur incomparable chez ces étranges morts-vivants que sont les écrivains (des gens présents s’absentant par l’écriture et se présentant par l’absence, dit-il) et nous fait approcher les contrées de l’écriture moderne : Rilke, Mallarmé, Kafka, cela se poursuit dans Le livre à venir, suite des chroniques de la NNRF rassemblées par Blanchot en livre-recueil (Bataille, Artaud, Woolf, Amiel, Robbe-Grillet, Henry James, Beckett, Hölderlin, Musil, Borges, Hesse, etc.). Une formidable découverte de l’étrange Dehors que serait l’écriture (plutôt que la littérature).

 

Blanchot-Caron, fait découvrir tout le royaume souterrain, nocturne, où Orphée-Ecrivain va chercher l’Eurydice-Littérature, et accepte de la perdre pour la porter au jour (je reste schématique). Œuvre de désœuvrement. La littérature est selon Blanchot l’histoire de ce deuil fondateur, de la « solitude essentielle » nécessaire à la création littéraire. Des pages très célèbres et très puissamment intrigantes sont consacrées à cette parabole du « Regard d’Orphée ». Car l’espace littéraire est aussi un regard sur la littérature confronté à son miroir : qu’est-ce qui fait que quelque chose comme la littérature est possible ? Qu’est-ce qu’écrire ?

Blanchot interroge différentes œuvres, cherchant en chacune, comment elles répondent à cette question.

 

Blanchot l’Obscur, l’heideggerien, le nihiliste ? Tordez le cou à ces clichés. Lisez, enfin, ces textes qui se refuse à l’hermétisme comme à l’exotérique, puisqu’ « il est peut-être naturel que l’art qui s’accouple à une énigme et se retire des formes ordinaires ne bénéficie pas des facilités de la réussite. Il n’y a rien de plus misérable que la banalisation des monstres ; la mise à portée de tous de ce qui est étrange, c’est-à-dire qui ne doit pas cesser de nous rester étranger. » (Maurice Blanchot, Henri Michaux, Farrago, 1999.) La littérature, si cela existe, perdure, c’est dans ce mouvement qui nous transporte sans cesse ailleurs, dans des territoires étranges, dans une langue dont le mystère et la part d’inconnu doit être préservée. Ce à quoi nous introduit Blanchot dans ce livre.

 

L’espace littéraire_ Maurice Blanchot_Folio_Gallimard
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