L’intempestif

La voilà donc, le commencement raturé et réellement intempestif au sens nietzschéen : « contre ce temps, en faveur, je l’espère, d’un temps à venir », mais pas seulement : l’intempestif c’est aussi cette résistance au flux et au tourbillon qui amène ces deux modes de l’intempestif, la rêverie et la réflexion.

Bien loin de moi de les confondre, mais c’est bien leur alchimie (je préfère ce terme avec la subtilité et le mystère qu’il impose, plutôt que l’abstraite synthèse) dont il est question dans nos vies. Ce qui se revient pour moi à s’inscrire dans cette philosophie nietzschéenne, attaquant le romantisme rêveur tout en circonscrivant pourtant sa vérité :

« Faire des plans et concevoir des desseins s’accompagne de bien des sentiments agréables, et qui aurait la force de n’être rien sa vie durant, qu’un bon faiseur de projets serait un homme heureux ; mais il lui faudra bien, à l’occasion, se reposer de cette activité, en réalisant un de ses plans, et voilà le dépit et la désillusion. »

F. Nietzsche, Humain, trop humain, II, § 85

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